Facteurs de risque des DTM : apport des études OPPERA

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  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°3 - 15 septembre 2024 (page 18-26)
Information dentaire
Les Dysfonctionnements temporo-mandibulaires (DTM) sont des affections complexes dont la conceptualisation a considérablement évolué au cours du temps, au fur et à mesure de l’avancée des connaissances médicales. Cette évolution s’est faite grâce aux efforts de groupes de travail dédiés. Le projet Orofacial Pain: Prospective Evaluation and Risk Assessment (OPPERA), dont l’un des objectifs était d’identifier les facteurs de risque des DTM, a fortement contribué à ces avancées. Il s’agit de la plus ambitieuse étude concernant les DTM conduite à ce jour. Elle a permis une modification profonde des connaissances relatives aux DTM et aux douleurs en général, suggérant par exemple d’ajouter aux axes 1 (biologique) et 2 (psychosocial) de la classification DC/TMD un axe 3 de vulnérabilité. Cependant, les résultats des différents volets de cette étude et ses applications cliniques restent peu connus par les chirurgiens-dentistes, en dépit de leur situation de première ligne dans le dépistage et la prise en charge des DTM. Cet article rapporte les caractéristiques du projet OPPERA, ses résultats principaux et ses développements.

Les troubles de l’appareil manducateur ont fait couler beaucoup d’encre et de sueur et ont engendré de nombreuses dépenses. Leur histoire est marquée par des débats médicaux, scientifiques et juridiques qui ont accompagné l’évolution des concepts, de la terminologie et des classifications, ainsi que des traitements. Un effort considérable a été entrepris pour documenter et collecter des données médicales dans des champs variés (épidémiologie, biologie, évaluation psychosociale, etc.), financé principalement par le National Institute of Health (NIH) américain. Il témoigne d’une volonté de compréhension médicale, d’un souci d’éliminer les pratiques inutiles ou iatrogènes et de définir des thérapeutiques efficaces pour le bien commun du patient et de la société. L’histoire est intéressante car elle illustre le passage d’une approche mécaniste à une vision médicale intégrée [1] (fig. 1). Elle continue à s’écrire [2].

OPPERA

Parallèlement aux efforts portant sur l’évaluation de la validité, de la fiabilité des diagnostics des Dysfonctionnements temporo-mandibulaires (DTM) et sur l’amélioration de leur taxonomie (fig. 2) à des fins de recherche et de clinique, le NIH a sollicité en 2004 des propositions d’étude de cohorte prospective visant à « identifier l’incidence de la douleur et des dysfonctionnements crânio-faciaux ainsi que leurs facteurs de risque » en s’éloignant « de la recherche des contacts occlusaux » pour se tourner vers les « allèles de vulnérabilité » [3]. Le projet Orofacial Pain: Prospective Evaluation and Risk Assessment (OPPERA), est la première vaste étude prospective multicentrique ayant pour but d’identifier les facteurs de risque biopsychosocial et génétique déterminant la survenue des DTM et leur transition vers la chronicité [4]. Le projet, incluant quatre études, comportait une collecte de données épidémiologiques…

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