La visite de maintenance en prothèse implantaire

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°37 - 1 novembre 2023 (page 18-25)
Information dentaire

La péri-implantite est une maladie poly factorielle [1, 2], dont l’étiologie est bactérienne. Elle est définie comme une perte osseuse autour d’un implant ostéointegré et une inflammation des tissus péri-implantaires [3, 4]. Si l’os péri-implantaire n’est pas atteint et en présence d’inflammation des tissus mous, on parle de mucosite. Ces deux pathologies sont comparables à la gingivite et à la parodontite décrites sur les dents naturelles. La mucosite est réversible et précède la parodontite qui, elle, ne l’est pas.

Selon Monbelli [5], 10 % des implants sont en péri-implantite à un horizon de 5 à 10 ans après leur pose (soit 20 % des patients). Une autre étude rapporte qu’un peu plus de 20 % des implants sont en péri-implantite après une vingtaine d’années de fonction [6].

Même si un échec précoce est possible (avant l’assemblage de la prothèse) (fig. 1), il se produit le plus souvent après la réalisation prothétique (fig. 2).

En poursuivant l’analogie avec les soins de parodontologie où la thérapeutique de soutien est essentielle [7], le suivi du patient réhabilité apparaît ici comme une nécessité sur le long terme [8].

Importance de la phase prothétique

Le choix du patient qui va bénéficier d’implants est évidemment prépondérant dans le succès implantaire. à côté des pathologies générales néfastes pour les implants (diabète non équilibré, maladies inflammatoires, traitement immuno-suppresseur), le praticien doit aussi composer avec des facteurs de risques tels que les antécédents de maladie parodontale et la consommation tabagique [9, 10].

Le projet prothétique pré-implantaire [11] est également l’une des clés du succès ; il doit permettre un positionnement tridimensionnel optimal de l’implant, notamment avec un environnement tissulaire adéquat ; selon la littérature, 2 mm de tissu kératinisé sont nécessaires autour des implants pour fonctionner comme un bouclier autour de lui [12] (fig. 3).

Le mode d’assemblage (prothèse vissée ou scellée) retenu peut aussi influencer la survenue d’une péri-implantite, avec une corrélation importante entre survenue de péri-implantite et présence d’excès de ciment de scellement [13, 14]. Une connexion dent-implant (prothèse dento-implanto-portée) est à proscrire, car plus propice aux péri-implantites et échecs mécaniques (fig. 4 et 5) [15, 16].

Le nombre d’implants influe aussi sur la survenue de péri-implantite. Dans les reconstructions plurales, l’implant médian est plus à risque de perte osseuse marginale et de péri-implantite [17] (fig. 6 et 7).

Enfin, la conception prothétique elle-même est à réfléchir, que ce soit en termes de profil d’émergence [18, 19] (pas de surcontour par exemple) (fig. 8) que d’accès à l’hygiène [20, 21] (fig. 9).

La responsabilité du duo praticien-prothésiste…

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